Un secret vivant. Illégitimité et famille au XVIIIe siècle
Cette conférence propose d'explorer comment le silence et le secret autour de la naissance d'enfants illégitimes influencent les familles pour « terminer ces affaires sans éclat » et éviter un possible scandale dans la société du XVIIIe siècle.

Un secret vivant, Nicolas Delaunay d’après Pierre‑Antoine Baudouin, Les Soins tardifs, États‑Unis, © National Gallery of Art, 1775
Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, les relations sexuelles hors mariage sont interdites par l’Église et par la loi dans la plupart des États protestants. À Genève, par exemple, les autorités déploient un important dispositif judiciaire pour encadrer ces relations, bien qu’en pratique elles soient surtout intéressées par la prise en charge de leurs conséquences : les enfants illégitimes. Pourtant, le plus souvent, les hommes et les femmes impliqué·es cherchent à garder leur situation secrète, notamment pour échapper aux poursuites judiciaires. Même quand le procès éclate, de nombreux individus s’efforcent de préserver le secret au sein même de leur famille et parmi les proches avec lesquels elles et ils vivent.
De nombreuses sources permettent d’observer ces efforts largement motivés par la très grande honte associée à l’illégitimité. Cette conférence propose une histoire sociale du secret familial qui entoure de phénomène dans une approche sensible au genre et à l’âge des protagonistes. Elle éclaire les expériences intimes qui conduisent certains individus à assumer l’enfant ou, au contraire, à tout faire pour cacher une telle situation.
Laboratoire, Histoire et Cité
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Infos pratiques
INTERVENANTE
Loraine Chappuis, maitre d’enseignement et de recherche à la section d’histoire, Unil